EVENTGhost

En préparation pour 2018

Pictonique utilise le potentiel imageant travaillé dans les prémices de RétinA. (textile programmable) Les cellules deviennent indépendantes mais connectées, elles se prêtent alors à des installations, des événements très différents.  La matière organique du textile se découpe en proto-vêtement portés ou déposés selon le cas.  

Autonomes mais connectées dans BEL Horizon: Au plus près des corps, des gilets mono-pixels  proposent de confronter porteurs ou simples visiteurs  à une expérience de synchronisation modélisée . La complexité des modèles mathématiques disparait dans un codage lumineux et le groupe social fabrique une image visible, sorte de motif de synchronie, somme de  comportements individuels. Une fois quittés, ces vêtements continuent leur travail de synchronisation en tenant compte des perturbations, des «bruits», des parasites qui font le contexte d’une exposition muséale. Ce travail sur la synchronisation (modélisation des comportements collectifs) peut s’ouvrir de manière riche et fructueuse à la réflexion comme au travail des corps de professionnels : danseurs,acteurs...). Nous proposons cet»outil-forme» à des usages et des confrontations inattendues, imprédictibles.

Autonomes, asynchrones et recomposées dans EVENTGhost : Fruit d’un partenariat de travail avec l’hôpital des Quinze-Vingts, nous élaborons actuellement avec l’Institut de la vision un module expérimental qui tient compte des dernières recherches dans le domaine de la vision neuromorphique et de  la captation d’événements. Ryad Benosman et son équipe  étudient des systèmes de perception complexes qui incluent la conception, l’architecture et l’utilisation des différents capteurs visuels couvrant une amplitude omnidirectionnelle, des caméras à champ arrière, des capteurs à échelle variable et des capteurs non-centraux. Ils s’intéressent à la vision omnidirectionnelle 836 et aux caméras innovantes, et plus récemment à l’analyse du calcul réalisé par le système visuel et cherchent à comprendre le lien entre la vision computationnelle et la vision biologique. Dans le projet EVENTGhost, les proto-vêtements  endossent une fonction différente lorsque, déposés, ils prennent place sur les bancs d’une salle de spectacle ou de conférence.
Devenus spectateurs d’un événement à définir (pièce de théâtre, projection vidéo, conférence ...), et avec la médiation d’une «camera d’événement», ils restituent globalement une image de ce qu’ils ont en face, une image de ce qu’ils «voient». Autonomes et ensemble, ils peuvent dans les interstices laisser quelques places aux visiteurs que nous sommes. Cette proposition futuriste met le spectateur en situation d’un commencement du voir. Les mono-pixels rassemblés reconstituent une sorte de matrice, de rétine recompsée dans laquelle il peuvent prendre place.

Caméra d'événement : La piste explorée par l’équipe de Ryad Benosman est liée à une caméra particulière, que l’on nomme « event camera »*. Cette caméra se base sur deux particularités : une très grande vitesse de prise de vues et un traitement de l’image par deux capteurs dont la particularité est de posséder des pixels autonomes.  C’est ce dernier aspect technique que nous explorons avec eux dans EVENTGhost.

*Une « caméra d’événement » est une rétine de silicium qui n’a aucun obturateur global. Au lieu de cela, chaque pixel est un capteur de luminosité indépendant et asynchrone qui rapporte un événement quand il mesure un changement de seuil du Logarithme de l’intensité avec le découpage précis en micro-seconde de ce changement.

projet EYES/EVENTGhost (PDF)