RétinAlpha/PU

Collaborations : Hôpital des Quinze Vingts (Paris), Second Sight 

François Roussel : interface textile / Nazim Fates : recherche Automates cellulaires / Moulin Gau : production / informatique : Emeric Mourot.

RétinA est une histoire collaborative qui nous rapprochant des tentatives de la médecine et des avancées technologiques dans le domaine de la vision, nous donne l’occasion d’explorer des questions presque ontologiques comme celles de «voir en construction» ou «voir autrement». Les hésitations et les obstacles d’une reconquête de la vue comme celle menée à l’hôpital des quinze-vingts seront comme un écho à la «fabrique» des images qui se trament dans les écrans tissés (polyester/fibres optiques) que nous proposons.

A l’Institut de la Vision, le professeur Alain José Sahel travaille depuis plusieurs années sur un projet qui connait à partir de 2009 des développements spectaculaires : Il s’agit de «rendre la vision» à des personnes atteintes de cécité acquise grâce à l’implantation d’une rétine artificielle. Cette puce électronique remplace les cellules photo-réceptrices défaillantes suite à une pathologie oculaire. La première rétine expérimentale donnait une résolution de 16 pixels, le prototype qui fut implantée chez les premiers sujets français en comportait déjà 60. Ces individus ont appris, grâce à une rééducation intensive, à se mouvoir dans l’espace en se servant pour la première fois de critères visuels.

Une invitation à faire des images et des artefacts, des objets pour voir.

L’expérience menée à l’hôpital des XV-20s, met en jeu plusieurs fascinations : à la fois celle de l’appareillage comme une médiation technique (une caméra embarquée et savante) et une chose bionique corps et orthèse/prothèse. Quand un patient, ancien photographe dit bien sûr qu’il «ne voit pas» mais qu’il «perçoit", nous sommes curieux de voir cet état comme si là se tenait l’origine de toute image : attirance de la dé-construction et fable d’une vision qui prendrait ses sources dans le noir pour s’élaborer et se faire complexe. Que veut donc dire ce «percevoir» à la jonction d’une prouesse médicale et technologique?

Quand voir se trouve redéfini... 

Les tissus communicants ont déjà fait l’objet de longues recherches peu fructueuses dans le monde de la communication. Les récentes greffes de rétines d’autre part remettent à plat l’opération du Voir. Entre ces deux tentatives, nous mettons en forme un hybride : textile/écran, avec une parfaite conscience et acceptation des obstacles. L’idée qu’il puisse y avoir deux quêtes, deux recherches parallèles qui se heurtent aux mêmes limites de définition est stimulante. L’obstacle est créateur de formes, tant il soumet l’objet de la vision à une dégradation sauvage. D’un côté un artefact de très faible capacité à communiquer et de l’autre une pauvreté telle du signal qu’on ne parle pas de voir mais tout juste de percevoir.

 - 9 x 13 cellules pour les textiles/écrans de Rétina c’est à dire 117 cellules à programmer .

-10 x 6 points de stimulation pour les implants rétiniens des greffés, c’est à dire  60 cellules potentiellement informatrices du monde.

Des textiles_écrans pour voir

C’est en dressant la liste de situations, de scènes d’une grande proximité (des scènes à toucher des yeux, presque tactiles) que nous avons tenté un autre regard, une re-construction du monde qui bouge autour de nous. Comment faire entrer le monde dans cette définition, c’est en quelque sorte la question que nous avions à résoudre. Éviter les choix, écarter la profusion des signes, éviter les conflits, opérer par petites touches, nettoyer par arasements intenses, robotiser les simplifications et rester subjectifs. Être au plus près de ce qui se passe à l’intérieur pour atteindre une sorte d’interface alphabétique terriblement humaine.

RétinAlpha/PU (PDF-F)
RétinAlpha/PU (PDF-E)
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